Négocier sans se dévaloriser : conseils pour étudiants
Apprends à négocier avec confiance dès les études : exprimer tes besoins, poser tes limites et défendre tes idées sans conflit ni gêne.
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8/8/20255 min read
Négocier sans se dévaloriser : oser se faire entendre, même en tant qu’étudiant
Négocier, ce n’est pas imposer sa volonté ou jouer au marchand de tapis. C’est avant tout savoir exprimer ses besoins, poser des limites et construire un accord équilibré. Une compétence essentielle dès les études, mais encore trop souvent mal comprise ou mal vécue. Dans cet article, on t’aide à comprendre comment négocier sans crainte ni complexe, pour affirmer ta place, ton rôle et tes idées — avec respect et assurance.
1. Pourquoi on a souvent du mal à négocier quand on débute
Quand on commence ses études ou qu’on fait ses premiers pas dans le monde pro, négocier semble souvent intimidant. On a l’impression qu’il faut avoir de l’expérience, des arguments béton, ou un certain “statut” pour oser demander quelque chose. Résultat : on accepte les règles sans discuter, même quand elles ne nous conviennent pas vraiment.
Cette difficulté vient souvent de plusieurs facteurs. D’abord, une peur du rejet : "Si je demande, on va dire non." Ensuite, le fameux syndrome de l’imposteur : "Je ne suis pas légitime pour négocier." Et enfin, une confusion fréquente : on pense que négocier = être en conflit, alors qu’en réalité, c’est juste chercher un terrain d’entente.
Ajoutons à cela une pression sociale fréquente : on valorise souvent ceux qui “acceptent sans faire d’histoire”. Mais négocier, ce n’est pas créer un problème : c’est apprendre à poser ses limites, à se faire respecter — sans arrogance, mais avec clarté.
Bonne nouvelle : cette posture, ça s’apprend. Et plus tôt tu t’y exerces, plus elle deviendra naturelle.
2. Formuler ses attentes, c’est se respecter (et inspirer le respect)
Beaucoup de jeunes évitent la négociation par peur de paraître prétentieux. Pourtant, exprimer clairement ce dont tu as besoin, ce que tu veux ou ce que tu vaux, c’est une preuve de maturité, pas d’arrogance.
Dire “j’aimerais être rémunéré pour ce stage”, “je préférerais qu’on répartisse les tâches autrement” ou “je propose une autre façon de faire”, ce n’est pas imposer ta vision. C’est simplement poser un cadre, expliquer ce qui est juste pour toi — et écouter en retour ce qui est possible pour l’autre.
Quand tu formules une demande de façon posée et argumentée, tu envoies un signal clair : tu te respectes toi-même, et tu invites les autres à faire de même. C’est exactement ce qui construit une relation saine, qu’elle soit avec un prof, un tuteur de stage, un responsable RH ou un collègue de promo.
Et surtout : même si la réponse est “non”, le simple fait d’avoir osé t’exprimer est déjà un pas en avant. C’est un entraînement pour la suite. Car plus tu exprimeras tes attentes avec clarté, plus tu apprendras à ajuster ton discours, à écouter, à rebondir. Et à force, tu gagneras en assurance… sans jamais avoir à hausser le ton.
3. Négocier sans agressivité : adopter le bon ton et les bons mots
Quand on pense “négociation”, on imagine parfois un face-à-face tendu, où chacun campe sur ses positions. En réalité, les meilleures négociations sont souvent les plus calmes. Elles reposent sur l’écoute, le respect mutuel, et une bonne dose de diplomatie.
Tout se joue dans la manière de dire les choses. Au lieu de :
"Ce n’est pas juste, je veux autre chose",
essaie plutôt :
"Je me demande s’il serait possible d’envisager une autre solution".
La clé, c’est de formuler ta demande de façon constructive. Explique ton besoin, ton objectif, ce que tu espères — sans accuser ni exiger. Et surtout, reste ouvert au dialogue. Négocier, ce n’est pas gagner contre l’autre, c’est chercher un terrain d’entente.
Adopter le bon ton, c’est aussi savoir choisir le bon moment. Tu veux négocier un délai ? Évite de le faire en panique la veille du rendu. Préfère un moment calme, où l’autre personne est disponible à l’échange.
Enfin, n’oublie pas : plus tu t’exprimes avec clarté et bienveillance, plus tu seras écouté. Et ça, c’est déjà une victoire.
4. Outils pour progresser : exercices et mises en situation
Comme toute compétence, la négociation s’apprend… par la pratique. Et tu n’as pas besoin d’attendre un entretien d’embauche pour t’y mettre. Il existe plein de façons de t’entraîner, même dans ton quotidien d’étudiant.
● Commence par les “petites” négociations
Tu peux t’exercer dans des situations simples : négocier un planning de travail de groupe, répartir les tâches dans une asso, proposer un échange d’horaires dans un job étudiant. Ce sont des occasions parfaites pour tester ton discours, ton ton, ta posture.
Prépare-toi avec la méthode OSBD (issue de la CNV – communication non violente) :
Observation : Ce que tu constates de manière factuelle
Sentiment : Ce que tu ressens
Besoin : Ce dont tu as besoin
Demande : Ce que tu proposes
Exemple :
"Je remarque que je travaille souvent seul sur la partie présentation (observation). Je me sens un peu débordé (sentiment). J’ai besoin que les tâches soient mieux réparties (besoin). Est-ce qu’on pourrait revoir ensemble qui fait quoi ? (demande)"
Joue des rôles avec tes amis
Tu peux aussi organiser des simulations : l’un joue le recruteur, l’autre l’étudiant en recherche de stage. Objectif : défendre ton point de vue, argumenter, rebondir. C’est formateur et souvent très révélateur.
Note tes ressentis après chaque “négociation”
Que la réponse ait été positive ou non, prends une minute pour te demander :
Qu’est-ce que j’ai bien fait ?
Qu’est-ce que je pourrais dire autrement la prochaine fois ?
Comment je me suis senti ?
Ces petits retours d’expérience t’aideront à progresser… sans pression.
5. Le bonus inattendu : une confiance en soi qui grandit
Apprendre à négocier, ce n’est pas seulement utile pour obtenir quelque chose. C’est aussi un puissant levier de confiance en soi. Chaque fois que tu oses t’exprimer clairement, poser une limite ou faire une demande, tu renforces ton estime personnelle.
Même si la réponse est “non”, tu réalises que tu as été capable de défendre ton point de vue, sans t’effacer ni t’imposer. Tu sors du mode passif pour entrer dans une posture plus affirmée — et plus respectée.
Et ce changement ne passe pas inaperçu. Que ce soit dans un stage, un job étudiant ou un projet de groupe, les personnes qui savent s’exprimer avec assurance (et respect) inspirent naturellement plus de considération. On les écoute davantage, on les prend au sérieux.
C’est aussi un cercle vertueux : plus tu négocies, plus tu gagnes en aisance. Plus tu es à l’aise, plus tu oses. Et à force, tu développes un vrai leadership tranquille, qui ne repose ni sur la force, ni sur la peur, mais sur ta capacité à dialoguer, à argumenter, à coopérer.
Ce n’est pas un superpouvoir réservé à quelques-uns : c’est une compétence que tu peux cultiver, petit à petit. Et elle t’accompagnera bien au-delà des études.
6. Conclusion : négocier, c’est se donner de la valeur
Pendant longtemps, on a cru que négocier, c’était réservé aux “grands” : les dirigeants, les commerciaux, les recruteurs. En réalité, tu négocies déjà — quand tu proposes une nouvelle idée, quand tu demandes un délai, ou quand tu t’impliques dans un projet.
La vraie question, ce n’est pas “suis-je légitime pour négocier ?” mais plutôt : est-ce que je suis prêt à reconnaître ma valeur et à l’exprimer clairement ?
Négocier, ce n’est pas s’opposer à l’autre. C’est se positionner. Exister dans l’échange. Apprendre à poser ses besoins sans écraser ceux des autres. Et surtout : s’entraîner, ajuster, grandir.
Tu n’as pas besoin d’attendre d’avoir 10 ans d’expérience pour commencer. Dès maintenant, tu peux apprendre à défendre ton point de vue avec calme, à construire des accords gagnant-gagnant, à être écouté sans hausser le ton. C’est ça, prendre sa place.
Et cette compétence-là, aucune note ne l’évalue… mais elle peut changer toute ta trajectoire.
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